Lundi de la 16ème semaine du Temps de l'Église
« Si seulement j'avais un signe... » Un signe pour prendre une décision. Un signe pour savoir si Dieu m'écoute. Un signe pour être sûr de ne pas me tromper… Au fond, nous ressemblons beaucoup aux pharisiens de l'Évangile. Ils disent à Jésus : « Maître, nous voulons voir un signe venant de toi. » Mais Jésus est sévère. Pourquoi ? Parce qu'ils demandent un signe... alors que le Signe est déjà devant eux. Ils regardent Jésus sans le voir. Ils réclament une lumière alors que le soleil est levé. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette attitude. Nous pensons souvent que nous croirions davantage si Dieu intervenait de manière spectaculaire. C’est ce que Jésus répondra a riche qui n’a pas vu le pauvre Lazare et qui demande que l’on envoie une estafette auprès de ses frères. Non, l'expérience montre le contraire. Les miracles ne « fabriquent » pas la foi.
La première lecture éclaire cela sous un autre angle. Le prophète Michée imagine un dialogue entre Dieu et son peuple. « Comment dois-je me présenter devant le Seigneur ? Avec de jeunes taureaux … des milliers de béliers, des flots d’huile répandus sur l’autel ? » La réponse est d'une simplicité désarmante : « On t’a fait connaître ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. Dieu ne demande pas l'extraordinaire. Il désire une relation. Les pharisiens cherchent un phénomène, mais le chrétien rencontre une Personne.
Et Jésus ajoute une parole surprenante : « Il y a ici bien plus que Jonas... bien plus que Salomon. » Autrement dit : « Vous cherchez ailleurs ce qui est déjà là. » Nous attendons parfois une grâce exceptionnelle alors que Dieu nous visite dans l'ordinaire. Les grands signes de Dieu sont souvent d'une discrétion déconcertante.
Le vrai problème, ce n'est pas que Dieu ne parle pas. Le vrai problème est que nous ne savons plus toujours reconnaître sa voix : il parlera toujours dans le bruissement d’une brise légère, et jamais dans un ouragan.
Dieu des prophètes, regarde les responsables des peuples. Là où la puissance cherche à s'imposer, fais germer la justice ; là où les intérêts divisent, fais couler le fleuve de la fraternité ; là où les consciences s'endorment, fais lever des veilleurs.
Dieu des chemins cachés, visite ceux qui attendent un signe au cœur de l'épreuve, de la maladie ou du deuil. Ouvre leurs yeux aux semences d'espérance que tu fais lever, parfois dans le silence d'un geste ou d'une présence.
Dieu du cœur humble, délivre-nous du désir de l'extraordinaire qui nous ferait oublier les merveilles quotidiennes de ta grâce. Donne-nous des yeux capables de reconnaître ton Royaume qui germe comme une graine dans la terre.
Dieu de toute lumière, fais de notre communauté une lampe posée sur le seuil des maisons, une source au milieu des terres arides, un pain rompu pour les affamés d'espérance. Que notre vie soit un signe qui conduise vers ton Fils.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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